La médiocrité érigée en norme

Je ne suis pas né de la dernière pluie, non, plutôt d’une de celles qui sont tombées en l’an de grâce 1974. Pour autant je tombe encore des nues lorsque je lis à quel point être mauvais, bête ou méchant (voire les 3) et s’assumer pleinement à coups de justifications dignes d’un mauvais homme politique, permet aujourd’hui de remporter la palme et de s’attirer la gloire. Après avoir visionné l’intervention remarquable d’une actrice connue pour être populaire et qui me donne des boutons (et je modère mes paroles… pour le moment ^^), j’ai lu l’article de blog SEO le plus inattendu qui soit, et je ne pouvais que réagir par un autre billet.

Julien Bérard, roi de l’esbroufe

J’aurais dû mettre un <h3> juste en dessous, disant « au pays des médiocres, et ses sujets », pour avoir un titre complet qui aurait été : Julien Bérard, roi de l’esbroufe au pays des médiocres, et ses sujets. En le relisant, ça claque pas mal ! Mais bon, il ne s’agit pas ici de lancer une polémique dans le vent avec un bon mot, mais plutôt de mettre le doigt sur ce qui constitue un des piliers de notre société actuelle : la médiocrité magnifiée.

Certes, ce que je pense de ce monsieur est connu (et ce n’est pas joli), mais là je trouve qu’il franchit la dernière barrière de l’acceptable, accompagné par toute une clique de lécheurs professionnels, bien contents d’avoir fait de lui un guide spirituel ou plutôt un guide dans la médiocrité. L’article intitulé « Le spamco Label Rouge » et qui fait mention de ce blog (sans lien, parce que j’ai pas été gentil avec lui et parce que je n’ai pas voulu assister à la cérémonie de son couronnement), est en effet un aveu de faiblesse magnifié en technique de référencement naturel, tel qu’il pourrait faire école.

Que ce référenceur connu pour vivre outre-Atlantique ait choisi la voie de la facilité en plaçant des liens sur les blogs SEO pour le compte des sites pour lesquels il travaille, je l’avais remarqué depuis longtemps et je ne m’en étais pas outré, acceptant même ces liens peu pertinents sur mon blog. Après tout, personne n’est parfait, je ne le suis pas moi-même, donc que les autres ne le soient pas non plus ne me choque pas (cela me rassure, même, dans une certaine mesure).

Mais écrire un article pour justifier cette méthode de feignasse et se voir adouber comme chef de file des mecs qui ont tout compris (même s’ils ne réfléchissent pas plus le loin que le bout de leur blogosphère SEO), je dois dire que c’est aussi fort qu’inattendu.

Le triste sire brosse tout le monde dans le sens du poil (points 1 et 2), fait semblant d’être un mec bien (point 3), fait encore une fois intervenir sa grande technique d’affirmation de soi comme indispensable à la bonne vie de la communauté SEO francophone (encore le point 3), fait croire aux autres qu’ils font tous comme lui (et ils approuvent, les autres!!) dans le point 4 sur la réciprocité, s’auto-congratule (il n’y a pas de mal à se faire du bien, vous me direz!) dans le point 5, va jusqu’à affirmer qu’il est lui-même un vecteur permettant à ses contemporains d’accéder à la notoriété (point 6), fait le prof de SEO dans le point 7 (mais sur quelles bases ? avec quelle autorité?), minimise sa connerie en mentant dans le point 8 et, enfin, en conclusion, parvient à un paroxysme de mauvaise foi, en expliquant pourquoi il est une star et en donnant des conseils à qui souhaite lui ressembler.

J’avoue, et c’est rare, avoir relu plusieurs fois ce billet, et qu’il m’a fait un effet qu’aucun autre avant lui : il m’a fait sourire, bien rire, puis m’a accablé par sa bêtise.