Assumer

Je viens de lire l’article de Laurent Bourrelly sur son expérience de 10 ans de SEO et certaines phrases m’ont marqué. Je ne suis à proprement parler pas un membre de la communauté décrite, puisque je me refuse à participer aux principaux événements et autres grands-messes du genre, mais j’en partage à la fois le respect envers ce dino du SEO qu’est Laurent et les contraintes de résultats qui, on ne le dira jamais assez, ne sont effectivement visibles qu’à l’écran dans les SERP.

Est-ce que j’assume toujours ?

J’ai pris une petite claque en lisant cette phrase : la vérité est à l’écran et cela peut durer des années avant de cacher les traces d’une joute avec la communauté SEO ! Les joutes, je connais, et je n’en suis pas à ma première. Disons qu’en 5 ans (moitié moins que toi, big boss) je n’ai pas appris à fermer ma grande gueule numérique, et que j’ai su entretenir ma mauvaise réputation quand d’autres ont gagné en respectabilité et en notoriété en bien moins de temps. Si donc tout cela reste bien visible, ici, sur Twitter, dans l’article très bien référencé sur mon nom et visible sur le blog de Julien Bérard, dans les commentaires de nombreux autres blogs… je me rends compte que je n’ai rien envie de cacher.

Tête de con un jour, tête de con toujours ! Je me rends compte – il faudrait vivre dans un trou pour ne pas s’en rendre compte – que le réseau est important pour travailler et faire vivre sa petite entreprise en la faisant prospérer. Pourtant, contrairement à beaucoup de SEO, mon réseau je n’ai fait que tirer dessus au lieu de le choyer, je lui ai craché au visage au lieu de lui sucer la… (oups pardon), je l’ai vilipendé au lieu d’en être un porte-drapeau… Bref je n’aime pas et n’aimerai, je pense, jamais cette notion de famille, de communauté. Laurent, tu es un peu le père de tout le monde ici, donc je comprends que tu emploies ce terme, mais pour moi le choix des mots est crucial et moi je n’ai qu’une famille, qui n’a rien à voir avec ma profession.

Alors est-ce que j’assume tout cela aujourd’hui ? Est-ce que je ne m’en veux pas un peu d’avoir tout fait pour m’éloigner des gens, d’avoir travaillé à ne pas être considéré comme un membre de cette famille/communauté/confrérie ? Est-ce que je ne suis pas finalement amer de voir ma petite entreprise aller mal, et de regarder diminuer mon activité autant que mes revenus, quand d’autres ont grandi, grossi, pris de l’ampleur ou leur envol, acheté une maison ici, une voiture là, un serveur ici ou un million de domaines là ?

Bah non en fait ! Les échecs, dit Laurent, font partie de ce métier : Dans le style culture de l’échec, notre métier est un must. J’en ai déjà parlé ici, moi aussi, parce que je sais qu’ils font avancer en rebondissant dessus. Celui que je vis actuellement en est un parfait exemple : la chute libre de 2015 me permettra de retomber sur un trampoline en 2016, justement parce que je ne suis pas en train de pleurer dans les girons de mes amis SEO, de mes frères d’arme et que je ne suis pas paresseux : je suis marseillais, ce n’est pas pareil !!

Mais je pense que l’honnêteté intellectuelle et le recul sur soi sont tout aussi importants que ces échecs, et pouvoir se regarder dans le miroir sans avoir honte et même en étant fier de l’image qu’on se renvoie à soi-même, c’est pour moi le summum ! Alors je garde la pêche les frères !

PS : Loïc je t’aime mais toi, c’est pas pareil 😀