SEO et sciences du langage 1/2

Linguiste de formation, j’ai beaucoup aimé l’analyse d’Olivier Andrieu dans la dernière lettre d’Abondance, où l’on apprend que pour améliorer la précision de leurs résultats, les moteurs de recherche se doivent de mieux comprendre l’intention de l’utilisateur exprimée par la requête, d’où la nécessité d’indexation des syntagmes.

Référenceur de profession, je prends le problème à l’envers et me demande comment nous, dans le jeu du SEO, nous pouvons comprendre ces fameuses intentions. Pour comprendre les intentions de l’utilisateur, l’analyse passe a priori par des statistiques du type de celles établies par Google Insight for Search, qui déterminent qui cherche quoi à quel moment. Ces chiffres et tendances de recherche permettent ponctuellement de répondre à la question du qui cherche quoi, mais pas de penser comme l’internaute.

Intentions des utilisateurs

En général, quand on écrit dans un blog SEO, ou lorsque l’on rédige le contenu d’un site, de même que lorsqu’on écrit pour la presse, on sait ou au moins on a tenté au préalable de déterminer quelle est ou quelles sont la ou les cible(s) visée(s). Tous ceux qui ont déjà fait un peu de marketing ou de rédaction à vocation commerciale savent cela. On pourrait donc considérer que le rédacteur ou le bloggueur, sachant à qui il s’adresse, rédige en fonction de son lectorat. Mais l’internaute, lui, exprime ses intentions uniquement par ce qu’il saisit dans la barre de recherche de Google. On n’en sait donc que peu sur ses intentions.
Pour aller plus loin dans cette connaissance de qui pense comment, il serait donc nécessaire d’intégrer aux méthodes de recherche d’autres critères empruntés à la linguistique, voire à la sociolinguistique (=ma formation universitaire).

SEO et Sociolinguistique

On ne fait effectivement pas la même recherche dans un moteur, en fonction :
1 – de ses compétences en langues : j’en veux pour preuve le nombre de requêtes proposées par les outils Google et qui contiennent des « fautes d’orthographe ».
2 – de sa connaissance du web et des différentes ressources qu’on y trouve
3 – de son habitude à effectuer des requêtes dans Google : je considère que les internautes qui font des recherches via Google s’habituent, petit à petit, à la façon dont Google leur répond et, en conséquence ils adaptent au fil du temps de mieux en mieux leur manière de faire des requêtes à la façon dont Google répond à celles-ci.
4 – de son âge : on ne cherche pas les mêmes informations à 20 ou à 50 ans avec les mots-clés Corneille ou Ronaldo
5 – de son sexe : on ne pense pas à la même chose en tapant vêtement ni boutique ni même coupe du monde 2010 en fonction de son sexe.
6 – de sa culture : je pense, ici, à une requête du type « John Locke »
7 – de ses compétences en langue étrangère : on cible en effet des sites en français ou bien des sites en  français ET en anglais
8 –  de notre propension à acheter ou pas en ligne (nombreux sont encore aujourd’hui ceux qui n’osent pas payer en ligne)
On pourrait croiser les requêtes et syntagmes utilisés, avec les données sociolinguistiques évoquées ci-dessus. De là on obtiendrait des tendances de recherche par types d’utilisateurs en fonction de leur âge, de leur sexe, de leur culture et de leur culture du web… .

SEO et linguistique 2/2

En conclusion, il est très positif que Google s’intéresse à l’analyse du langage employé par les internautes, et il y a encore tellement à apprendre et à prendre des recherches des linguistes. De notre côté cela donne des informations plus claires quant à certains aspects de l’algo du roi Google. C’est précisément cela que je trouve positif.
Dans un prochain article, je reviendrai donc sur le concept de syntagme, pour développer et aborder un autre concept linguistique lié au SEO.
 

11 réactions sur “SEO et sciences du langage 1/2”

  1. Bonjour,

    Moi-même « d’origine linguistique » (mais en sémiotique) et actuellement référenceur, je suis toujours intéressé par ce genre d’analyse !

    A quand les études de cas ? ;-)
    En tout cas, je suivrai les billets !

    Merci.

  2. vince dit :

    @CWM Effectivement, des études de cas s’imposent… d’abord mon billet 2/2, après on verra :)

  3. Paris dit :

    Intéressant !
    Déjà que Google utilise l’historique de l’internaute pour personnaliser ses résultats, en s’intéressant à l’analyse du langage employé, l’algorithme de Google serait de plus en complexe et plus précis dans ses résultats.
    Je pense qu’un tel changement entrainerais une révolution en référencement, on se passerais du MOT clé à L’EXPRESSION clé en plus le duplicate content risque d’étre un énorme problème pour les référenceurs.

  4. Tres interessant comme billet et j’attends avec beaucoup d’impatience le second volet.

    L’intention utilisateur est bien entendu encore un des grands challenge du metier de referenceur et une des clés de la reussite des actions que nous lancons… Avoir du succes sur un mot cle meme pertinent mais qui ne reflete pas les produits/services du site client par rapport aux utilisateurs et tout est a refaire (ou presque).

  5. vince dit :

    @Lemuscle : Merci Julien ! Le second volet sera plus axé sur syntagme et son frère ennemi…

  6. Le référencement s’appuie sur le langage et la façon de parler des internautes. Google a déjà fait un bond en avant avec le fait que son moteur de recherche se souvienne de nos précédentes requêtes pour orienter nos futures recherches. Google emmagasine donc une forte somme de connaissances et je suppose donc qu’il doit les analyser et modifier son algorithme en fonction de ces résultats.

  7. [...] semaines après mon premier article sur le SEO et les Sciences du langage, je prends le temps de publier la suite. Il ne s’agit pas forcément d’une suite, [...]

  8. Frappiteveike dit :

    Very similar.

  9. [...] avoir tenté de décrypter, à l’aide de notions empruntées à la linguistique et à la sociolinguistique, la façon dont le roi Google se comporte avec les mots-clés que nous tapons dans sa barre de [...]

  10. Il faut effectivement aller dans ce sens quand on ne veut pas battre les records du taux de rebond. Il est préférable d’être bien positionné sur « location vacances saint tropez » que « saint tropez » quand on est une agence de voyage en ligne.

  11. Sexe dit :

    Google analyse tout! Le taux de rebon, les backlink… Il faut etre bon de partout pour avoir un bon referencement!