Savoir écrire

Ma dernière expérience en tant que salarié chez un expert en référencement naturel Google m’avait conforté dans une certain vision que j’avais de moi-même et de mes compétences professionnelles : savoir écrire aujourd’hui en France ne vaut rien… Mon patron me disait sans cesse : si c’est toi qui écris toi-même (les CP) tu n’es pas rentable ! Cette réflexion a trouvé indirectement un échos dans l’excellentissime article de Papy Spinning publié cette semaine et que je conseille une nouvelle fois de lire à tous ceux qui l’auraient manqué. Quel rapport entre l’esclave moderne et mon savoir-faire sous-estimé, demanderont certains ? Il y en a, à mon sens, deux (rapports).

Valeur ajoutée zéro

En allant chercher plus loin les compétences rédactionnelles en français plutôt que de se tourner vers les Français eux-mêmes, les entreprises du web réduisent à presque rien la valeur ajoutée de ce que je considère comme un véritable savoir-faire professionnel de leurs concitoyen(ne). Maintenant, pourquoi est-ce que je place si haut ce type de compétences ? Tout simplement parce qu’il est en voie de disparition dans notre pays !! Il suffit de suivre ma timeline Twitter et de lire les nombreux commentaires des blogs SEO, voire d’écouter un journaliste télé, pour en être convaincu. Attention, je n’ai personnellement rien contre les rédacteurs francophones de Madagascar ou du Maroc, que l’on me comprenne bien ! Au contraire même, ils ont eux, entre leurs mains, ce savoir-faire si précieux. En revanche j’ai en horreur les excuses bidon servant à justifier l’exploitation moderne des anciennes colonies françaises (avec des accents de colonialisme post-moderne), du type : Nous au moins, on leur donne du travail ; Tu sais, avec ce qu’elle gagne chez moi, elle a les mêmes revenus qu’un ingénieur dans son pays !… et j’en passe. Mais en confiant la tâche d’importance qu’est la rédaction de contenu à des personnes que l’on va se croire en droit de payer une misère, on foule aux pieds la compétence elle-même, le savoir-faire de qualité qui y est attaché et les efforts nécessaires à ceux qui se cassent la tête pour pondre des textes de qualité.

Ecrire, une compétence SEO ?

En conséquence de cela on se trouve dans une situation où beaucoup agissent  comme si le savoir-faire rédactionnel ne faisait pas (plus ?) partie de la boîte à outils du métier de référenceur. Or même si l’expression Content is king équivaut pour moi à du pipi de chat de gouttière, errant et malade, je reste convaincu (et je le revendique !) que ma première compétence professionnelle en tant que SEO, c’est justement ma qualité de rédaction et ma relative facilité à fournir un contenu correct, varié et nuancé. Parce que celle-ci n’est pas juste liée au SEO pur et dur. Cela va bien plus loin : si, effectivement, je n’éprouve pas beaucoup de difficulté à écrire des textes sur à peu près n’importe quel sujet, mes compétences en français sont aussi primordiales dans un autre domaine : celui de la communication. La communication avec les clients, qui a à voir avec l’image que ceux-ci ont de moi (moi le professionnel, hein, entendons-nous bien !), de mon sérieux, de ma capacité à répondre à leur demande avec précision et efficacité. Moi Vincent Jamin, travailleur indépendant, je ne vais certainement pas mettre en danger ma petite entreprise en confiant cette tâche hautement ardue qu’est la communication (directe et indirecte), à quelqu’un d’autre, aussi bon rédacteur soit-il, sous prétexte que c’est plus rentable !  Donc oui, pour moi, le rédactionnel est une composante essentielle de mon métier de référenceur. Ce n’est pas une tâche secondaire que d’écrire ! Plus encore, c’est un savoir-faire professionnel qualitatif !

 

16 réactions sur “Savoir écrire”

  1. Ramzi dit :

    J’utilise le français dans le même métier en Tunisie et je peux vous certifier que je fais un excellent travail rédactionnel via des cp et des blogs crées spécialement pour faire du netlinking.
    Je partage avec vous l’idée que la maîtrise de la langue dans notre domaine est une valeur ajoutée . Oui quand je m’adresse par mail ou téléphone à un client français je sens qu’il est content d’avoir affaire à un esprit qui reformule et synthétise son besoin de façon claire et précise.

  2. Tout a fait d’accord avec ton point de vue. Je rajouterai surtout que l’Expertise se sent dans la maniere de rediger, d’expliquer et c’est qqch de difficilement remplacable.
    Par contre, les services d’outsourcing de contenu sont tres bien et tres adaptés pour veux qui ne savent/souhaitent pas ecrire, ou pour faire du traitement en masse.

  3. Vincent, garde la bonne estime que tu as de tes compétences.

    Savoir écrire est indéniablement une forte compétence SEO.

    Ensuite, elle se conjugue de diverses manières. Sur un money site la qualité rédactionnelle est indispensable. Un SEO maitrisant bien la rédaction saura optimiser en conservant la fluidité et la pertinence d’un texte.

    Par ailleurs, même s’il sous traite certains contenus (CP, annuaires) il saura rapidement corriger les petites erreurs.

    Dans les deux cas, sa maîtrise du français (pour ce qui nous concerne) représente une vraie valeur ajoutée.

    Je considère que le SEO, c’est de la technique et du contenu. Pour le second, les compétences rédactionnelles sont un vrai plus.

    D’ailleurs, même et surtout lorsque l’on parle de contenu spinné, un bon rédacteur fait réellement la différence car il saura produire 150 textes de qualité en réalisant un très bon masterspin là ou le moins bon n’en fera pas la moitié.

    Maintenant (je fais référence à l’article de Papyspinning) qui est le coupable de la nécessaire production de textes en quantité ? Google

    Le jour ou l’algo prendra moins en compte le linking, le rédactionnel de qualité retrouvera sans doute ses lettres de noblesse.

  4. vince dit :

    @Ramzi : bienvenue ici 😉 content que tu partages mon point de vue, surtout depuis la Tunisie !
    @Vincent : D’accord sur l’expertise, mais pour ce qui est de l’outsourcing, ce que je réfute, c’est que l’on emploie pas des Français pour s’en charger, même si je n’exclus absolument pas qu’un service tunisien ou malgache soit efficace. L’efficacité n’est pas en question ici, c’est plutôt la recherche absolue du coût le plus faible.
    @Sylvain : Merci pour tes encouragements ! Oui le SEO ce n’est pas du contenu mais aussi de la technique, nous sommes d’accord et c’est bien que tu le dises car j’avais un peu passé ça sous silence… Concernant la « culpabilité » de Big G, oui tu as 100% raison, même si on peut considérer que, de la même façon que nous cherchons à contourner les contraintes de l’algo, nous pourrions trouver des solutions pour contourner le problème de la production de contenu en se faisant gagner des ronds les uns les autres ici, sur le territoire. J’ai conscience que cela peut paraître un peu « passéiste » cette histoire de Français faisant bosser des Français, à l’heure où tout (et particulièrement notre domaine) est mondialisé, que c’est l’essence même du web que d’être étranger à l’idée de frontières, mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est un peu notre devoir à nous, les SEO, de faire produire du contenu de qualité à nos concitoyens, pour une histoire de solidarité.

  5. Sylvain dit :

    Si cela peut te rassurer, je fais produire du contenu en Bretagne. Et en plus, on me le garanti sans nitrates ni algues vertes ! :-)

  6. @Ramzi … ça fait plaisir à en entendre ! En tout cas, je connais pas mal de monde qui devrai s’inspirer de cette approche client.
    REFORMULER pour être sûr de bien se faire comprendre !!
    Matt

  7. vince dit :

    @Sylvain : la classe intégrale :)

  8. lunettes dit :

    Ce n’est pas toujours le cas. Personnellement je suis français et une entreprise française, mais basée en partie à l’étranger est venu me chercher. Finalement la démarche inverse de ce que tu présentes, mais qui est malheureusement souvent le cas…

  9. Je te rejoins sur le fait que la qualité du rédactionnel est une compétence clé : un même sujet peut intéresser ou faire dormir selon la manière dont il est rédigé.

    La valeur du rédacteur est donc de s’adapter à sa cible, au but recherché et au contexte.

    Sur un money site, il est évident que cette compétence est primordiale : c’est la partie noble du contenu et de la rédaction.

    En revanche, pour ce qui concerne le contenu écrit uniquement pour Google, je crois moins en la nécessité de la qualité et plus à la quantité.

    Il me semble donc logique que les sommes investies pour ces deux types de contenus ne soient pas identiques et adressent du coup deux types de rédacteurs.

  10. vince dit :

    @Pignon sur rue : Effectivement, les deux types de textes n’auront pas le même poids et donc leur rédaction n’aura pas les mêmes besoins en termes de qualité. Là où je souhaitais insister (ce n’était pas clairement formulé dans mon post ^^) c’est sur la nécessité de faire bosser les petites boîtes françaises qui tentent de fournir du texte qualitatif, plutôt que d’aller des populations qui n’en ont pas besoin, sous prétexte qu’elles sont moins cher.

  11. Je n’ai pas de scrupule à travailler avec une entreprise étrangère. Leur travail est souvent de bonne qualité et il est vrai que les prix sont plus bas. Bien que cela ne soit pas toujours juste. La concurrence en rédaction web est rude et les tarifs des sociétés étrangères ont beaucoup augmenté. Ils ne sont plus aussi éloignés qu’avant des tarifs des rédacteurs français.

  12. vince dit :

    @Hébergement Web : la concurrence est certes rude, mais tout est une question de choix, le prix, la qualité, la nationalité… je n’ai pas écrit ce post pour donner une leçon, juste pour donner mon avis. Merci d’avoir participé en donnant le vôtre :)

  13. tom - Oweïa dit :

    Savoir écrire fait partie de la boîte à outils du bon SEO, comme tu le dis si boen, c’est une « savoir-faire professionnel qualitatif » !

    La question de l’outsourcing au Maroc ou à Madagascar est davantage un problème de société, la course aux profits incite à sous-traiter à des pays émergents. C’est vrai pour le SEO comme pour nombre d’industries et services. La plus-value que nous, petits français, avons, c’est d’être au contact du client, de comprendre son business, et donc de pouvoir le guide dans ses choix. Après, le travail de petite main qui consiste à écrire des CP à la chaîne, c’est un choix personnel, certains le font eux-même, d’autres confient ce job à des stagiaires, d’autres soustraitent ailleurs…

  14. tom - Oweïa dit :

    J’ai honte des phôtes d’orthographe de mon post précédent… sorry, je demanderai à un malgache de me relire la prochaine fois !

  15. Chape liquide dit :

    Ayant en permanence des objecifs de conversions sur nos sites, les textes sont des éléments très importants pour nos clients : ils doivent démontrer en quelques lignes la pertinence du produit proposé à la ventevis-à-vis du besoin initial du prospect.
    Renforcé par des éléments de réassurance visuels et textuels, l’ensemble permet de convertir des prospecs en clients actifs.
    Cette adaptation des textes aux problématiques clients est impossible à délocaliser car, en dehors de produits basiques, chaque pays à ses usages produits spécifiques.
    La rédaction de contenu locale est donc un élément majeur dans notre stratégie de marque et un savoir-faire très recherché auprès de nos référenceurs.

  16. jalm12 dit :

    bonjour,
    je vous rejoins tout à fait sur l´importance de la rédaction de contenu web et d´autant plus sur celui optimisé SEO. Par contre, je pense que les rédacteurs de langue française de France sont toujours compétitifs. Pour poreuve, je travaille pour independent publishing, un plateforme de redac´ sur le web, qui marche vraiment bien. Je suis en contact avec d´autres auteurs, qui sont aussi en France… donc pas besoin de passer par Madagascar 😉