Perdu dans les metrics

L’été se termine, les vacances sont finies, les enfants sont retournés à l’école et au collège et moi à mon bureau. C’est l’occasion, une fois encore, de poser les choses et de prendre du recul sur ce que j’ai fait jusqu’à mes congés, pour en analyser la pertinence, la viabilité, la pérennité et le rapport coût/bénéfice (pour moi en tant que netlinker comme pour les sites de mes clients). Pour dire vrai, j’ai foncé depuis des mois tête baissée dans cette façon de faire mon job et de gagner ma vie, à tel point que j’ai la fierté d’avoir monté de toute pièce ma façon de faire de la popularité, mais j’en arrive aujourd’hui, une fois encore, à me demander si tout cela est juste, vu notamment les retours mitigés que je peux avoir de mes confrères et de certains de mes partenaires.

Le pouvoir des metrics

C’est que depuis la dernière mise à jour du Page Rank, qui était jusque là le seul élément chiffré (mise à part l’évolution des positions en termes de +3 ou de -5) que je prenais (plus ou moins) en considération, je ne m’intéresse plus, mais alors plus du tout, à ces metrics que vénèrent tant de mes confrères et clients. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que je me rends compte que, comme pour le PR en son temps, ce ne sont finalement que des chiffres qui ne donnent qu’une vague indication sur la popularité et la pertinence d’une page web : Trust Rank, MozRank, Authorship, Author Rank, Trust Flow, Live Rank Factors… j’en passe et des pires.

Certes les noms de ces metrics sont en anglais, ça claque, et ils renferment une sorte de pouvoir magique, celui de quantifier l’inqualifiable et nommer l’innommable, ce qui leur donne une popularité gigantesque auprès des professionnels, qui peuvent s’en servir pour rassurer les clients et peut-être bien aussi se rassurer eux-mêmes. Quant à moi, je me demande encore comment on peut en arriver à chiffrer des choses aussi peu palpables et identifiables que la pertinence sémantique, le pouvoir de tromperie (car oui, on le sait : le SEO c’est avant tout chercher à tromper les bots), la capacité à donner du sens… Il faut dire qu’après avoir suivi à l’université des cours de sémantique pendant deux années, je ne m’étais pas figuré que les recherches des linguistes spécialisés dans cette discipline puissent un jour être traduites en arguments de vente.

Vivre et travailler sans les metrics

Pourtant il est difficile aujourd’hui de ne pas en parler de ces metrics, de ne pas les inclure dans mes arguments de vente ni dans mes rapports de netlinking. C’est d’autant plus vrai que nombre de clients lisent les publications SEO que je ne lis moi-même plus du tout, et que de nombreux confrères, pour m’engager à sous-traiter le netlinking pour le compte de leurs clients, exigent de connaître ces metrics pour ce qui est des sites que je vais utiliser pour linker.  Alors généralement, soit je fais la sourde oreille (mais c’est difficile quand on entend bien [celle-ci est pour toi Julien B.]), soit j’argumente que seul le résultat compte, et que celui-ci se voit dans les SERP et pas dans les chiffres magiques qui concernent les pages des sites qui sont à la source de mes liens, ou pire la page d’accueil des sites qui sont mes sources de liens.

Mais on rétorque alors que je ne suis pas assez calé pour pouvoir me vanter à l’avance de mes hypothétiques résultats en matière de ranking, que sans chiffrement, je ne pourrai pas vendre mes prestas, aussi sexy soit-elles sur le papier et aussi alléchants que puissent être a priori mes devis. C’est tout à fait vrai d’ailleurs, que je ne suis pas en mesure de dire à quelqu’un : vous me connaissez voyons, avec moi vous avez la certitude que ça va ranker !

Alors voilà comment je travaille et comment je vends mon travail, ma façon de penser le web et de voir le moteur, de considérer le netlinking et la popularité : je ne vends pas cela, je ne vends pas des résultats hypothétiques, je ne vends pas des chiffrements abracadabrants, je ne vends pas du Trust ni du Moz ni quoi que ce soit de ce genre, je vends juste de l’intelligence, de la finesse, de la précision, du thématique et surtout du personnalisé. Parce que, au-delà du fait que je ne crois pas une seconde en ces chiffres et que je ne leur donne aucun crédit, je fais comprendre à mes clients que l’essentiel ne réside pas là, et que ce n’est pas en s’attachant à cela que l’on intéressera les bots ni les internautes et que l’on vendra plus de chaussettes ou fers à lisser les cheveux. Mais ce n’est que mon avis à moi.

 

9 réactions sur “Perdu dans les metrics”

  1. Antoine dit :

    Hello,

    Sur le point que « le SEO c’est avant tout chercher à tromper les bots » je n’ai pas la même vision et cela peut varier d’un client à un autre (surtout en fonction de la qualité de son offre). Je pense plutôt que le SEO c’est montrer aux bots la valeur d’une page et sa pertinence pour une recherche d’informations donnée.

    Pour le reste je suis assez d’accord sur le fait qu’il ne faut pas avoir une vision trop portée sur les metrics car il sera par exemple préférable de faire peu de visites très qualifiées plutôt que bcp non qualifiées et certaines choses ne sont pas quantifiables ou palpables. Cependant les metrics si elles sont bien choisies donnent quand même des éléments pour voir les effets d’une action et pour un client (à moins qu’il soit totalement évangélisé) il est évident que ça rassure. Cela lui permet aussi de justifier les actions entreprises et leurs coûts.

  2. vince dit :

    @Antoine : Oui bien entendu, l’idéal du référenceur est de montrer au bot la qualité de la page de nos clients, certes, mais ne nous cachons pas pour autant que pour mener à bien nos actions dans ce but hypothétique, il faut savoir contourner les règles imposées par Google, c’est cela le propos de cette phrase que tu relèves dans mon post. Quant aux metrics, c’est là où je ne suis pas d’accord : certes le client est ravi de savoir que le site qui pointe vers le sien a un XRank de 25 et un YRank de 12, même i cela ne renvoie à aucune réalité, car il peut quantifier ton travail, d’une certaine façon. Mais moi je préfère lui dire que ces metrics ne me préoccupent pas, mais que c’est tout autre chose qui motive mes actions : la pertinence qu’il y a à utiliser tel site source plutôt que tel autre, et de lui expliquer la manière dont je travaille dessus.

  3. Antoine dit :

    @Vincent : il est vrai que dans ton domaine le netlinking les metrics sont trop abstraites pour avoir une réelle valeur (trust, citation etc) cependant la qualité d’un lien peut tout de même se mesurer aux visites (et à leur qualité) qu’il apporte car l’essence même d’un lien et sa raison d’exister est de donner une information supplémentaire ou une réponse et dans ce but si un lien n’est pas cliqué c’est qu’il n’est pas très utile. Il est vrai qu’il pourra donner de la popularité, mais comme elle n’est pas quantifiable autant revenir à l’utilité première d’un lien, donner de l’info supplémentaire donc il doit être cliqué pour avoir une vraie raison d’exister. Ce n’est que mon avis.

  4. vince dit :

    @Antoine : oui tout à fait d’accord, sauf que je ne peux pas « vendre » un lien en promettant à l’avance un certain nombre de visites provenant de ce lien, tu vois ce que je veux dire ? Sinon on est d’accord sur le principe 😉

  5. Marc dit :

    Très intéressant. Ces métriques ont été érigés en standard de facto depuis au moins les 5 dernières années.
    C’est à dire qu’ils légitimisent et donnent une mesure à des actions dont les résultats ne sont pourtant pas quantifiables. On peut relever la quantité, mais pas la « qualité ».

    Ces métriques sont une vaste hypocrisie, appelons un chat un chat, qui ne donnent qu’une vision biaisée d’un critère précis, et complètement indépendante de Google.

    Mais bon, à la limite, on s’en fiche un peu, depuis que les adeptes de l’Inbound marketing ont compris que le référencement et le SEO étaient morts, ce qui marche maintenant c’est le growth marketing !

  6. Sam dit :

    Je kiffe le jeu de mot avec la matrice! ^^
    Sinon effectivement le Trustflow and co me font doucement rire, le seul METRIC VALABLE selon moi pour mesurer la qualité Googlienne d’un site, c’est son trafic Google.
    Là je parle pour acheter des liens sur un site. Pour vendre du lien ça devient caduc car des liens provenant de sources apparemment nazes peuvent faire très bien ranker un site.

    Vendre du linking c’est la mort…

    😀

  7. vince dit :

    @Sam : « Vendre du linking c’est la mort… » AAAAAAAAAARGH (je meurs ^_^)
    @Marc : Mais le SEO c’est du Growth Marketing, non ? 😉

  8. Marc dit :

    Exact, comme le growth marketing c’est l’ensemble de toutes les techniques qui te permettent d’obtenir de la visibilité afin d’accroître ton business, le SEO en fait bien partie !

  9. Mopcom.fr dit :

    C’est gênant ce plein pouvoir progressif des metrics, toujours plus de dépendance…