Douter en permanence

Tout le monde dans le métier, que l’on soit débutant ou expérimenté, connaît la paranoïa, la fameuse Google parano qui nous pousse à nous cacher du grand méchant loup, ou bien à tenter de le faire, voire à se persuader qu’on l’a bien fait tout en doutant de l’avoir fait… Bref une fois intégrée, cette notion fait partie de notre quotidien et ne nous dérange plus trop (quoi que…). Désormais, chez moi la parano a été renversée par son cousin : le doute permanent.

Evolution

Personnellement, je pense avoir eu le meilleur prof en matière de formation SEO, en la personne de Dan. Non pas que je remets en doute les compétences de formateur d’Olivier Duffez ni n’oublie les acquis dus à sa formation – que j’ai suivie en 2009 – mais l’apport de Dan en matière de perception de ce que doit faire un référenceur est gravé à tout jamais dans mon esprit retors. En effet la première chose que j’ai apprise c’est qu’il y a toujours quelque chose à apprendre.

Certes c’est une sorte de mantra dans ma vie aussi bien personnelle que professionnelle, que de réfléchir, de prendre du recul, de vouloir mieux comprendre, mieux agir… Mais lorsque je constate qu’une débutante demande encore à ses confrères des listes de CP, de digglikes (de digglikes quoi !!!)… je me dis que je suis bien tombé en me faisant embaucher par Daniel il y a plus de 4 ans. Parce que oui, aujourd’hui je considère que notre métier se doit d’évoluer aussi vite que le web lui-même, et que nos pratiques passées se doivent de rester dans le passé, parce que la réalité à laquelle elles sont attachées est elle aussi liée au passé, au web d’avant, aux pratiques et aux habitudes d’avant.

Oui c’est un devoir, pour mener à bien les actions pour lesquelles on nous rémunère. Certes quand je vois que certaines confères et consœurs continuent à faire du SEO comme il y a 4 ans, cela me rassure, parce que je me dis, pompeusement et de façon très prétentieuse, que je suis en avance sur eux. Pour autant cela me sidère d’imaginer que l’on peut conseiller à des gens bien intentionnés qu’en matière de netlinking, il faut publier sur des CP, annuaires, populariser avec des digglikes… Oui ça ma flingue.

Parce que si en 2014 mes pratiques quotidiennes sont dues en partie à la Google parano, elles le sont aussi et surtout au fait que je doute.

Doutes en tous genres

N’exagérons rien, je ne suis pas non plus en train de douter à chaque instant, en train de remettre en question ce que j’ai fait la veille ou ce que je m’apprête à faire le lendemain ! Ce n’est pas tout à fait ça. En revanche, je ne suis pas adepte de la recette SEO, ni n’ai la prétention d’avoir compris ce qui marche en SEO, ni comment faire à coup sûr ranker un site. D’une part parce que je ne crois plus au Père Noël (à cause de mes enfants, qui n’y croient plus non plus), que je suis un grand garçon et que j’ai pigé que l’internet n’est pas magique, voire que ce n’est pas parce qu’un site est super qu’il est en première position dans Google. D’autre part parce que grâce à la formation que j’ai reçue de Dan et à mon état d’esprit (rien n’est jamais acquis), je remets en cause tout ce que j’ai pu faire avant.

Ce n’est (pour une fois, n’est-ce pas ?) par prétention que je le fais, ni par absence de confiance ou par une volonté d’automutilation permanente, mais bien parce que je pense, une fois encore, que c’est une obligation. Une obligation pour moi comme pour mes clients. Parce que si je m’entends dire à un client que je faire 10 CP, 10 digg et 20 annuaires, je sais d’avance que je me plante et qu’il ne re-signera pas à la fin de son contrat, mais encore j’aurai l’impression d’être un marchand de sommeil, promettant confort, sécurité et silence à ceux à qui il loue une piaule miteuse.

Le web change, les webs changent, je le dis depuis longtemps ici, sur ce blog : il faut s’adapter, ne rien considérer comme acquis (surtout ce que dit M. Cutts). Il n’y a pas de meilleure solution, parce que la meilleure solution elle-même est en permanence remplacée par une autre, bien meilleure elle-même que toutes les précédentes. Donc certes on va continuer à rédiger un CP, à inscrire un site sur El Annuaire, mais il est nécessaire en permanence, de douter de la pertinence et de la possibilité de réussite de la linkwheel que l’on met en place, du lien que l’on va placer, du lien qu’on a placé et des liens que l’on va placer.

Voilà

Tout cela est exigeant, intellectuellement parlant, cela est extrêmement chronophage, cela n’est pas simple, cela requiert de la patience, des efforts, de l’intelligence aussi (mais pas que), mais douter fait avancer… et peut-être de temps en temps de performer. Le doute est permis, oui, mais il est surtout nécessaire !!

 

 

10 réactions sur “Douter en permanence”

  1. Christophe dit :

    Bel article, sans illustration ni infographie mais juste bien ecrit et réaliste.
    Aucune pretention de celui qui apprends tous les jours et reste « humble » devant le WEB, il sait se remettre en cause tous le jours pour faire un Goog Job SEO.

  2. vince dit :

    @Christophe : Pas besoin d’illustrer mes propos avec de l’image, et puis quelle infographie aurais-je pu ajouter ? Merci pour vos compliments :)

  3. Charlotte dit :

    Le doute est une saine attitude pour celui qui veut aller loin dans sa démarche.

  4. Raphaël dit :

    Il faut douter c’est sûr… Mais il faut douter intelligemment. C’est à dire qu’il faut que le doute ne se transforme pas en changement de cap permanent. C’est le cas de nombreux « apprentis sorciers ».

  5. vince dit :

    @Rapahel : Alors il faut croire que je suis encore un peu « apprenti sorcier » 😉
    @Charlotte : Oui maître…

  6. Julien dit :

    C’est clair que GG nous fait douter en permanence :) Perso j’ai bien flippé après les premières MAJ de Pingouin et Panda… mais on analyse les concurrents et on voit que c’est toujours la même sauce qui marche (lien + contenu) donc à nous de changer la recette et le dosage des ingrédients :)

  7. vince dit :

    @Julien : OUi c’est justement ça, savoir prendre du recul et agir différemment, en conséquence 😉

  8. amal dit :

    Je sais que la doute est une bonne chose dans les limites, et ca aide quand il s’agit de rester toujours « humble », malheureusement pour moi, mes doutes ne font que me démoraliser et diminuer ma confidence en soi.

  9. Antoine SACCO dit :

    Je suis entièrement d’accord avec toi mais cette théorie est valable uniquement pour les personnes ayant déjà un niveau élevé en SEO. Est-il possible de demander à un débutant de théoriser sur le SEO avant de lui faire comprendre comment ça marche?
    Si je pose cette question, c’est justement parce qu’il y a deux ans, lorsque j’ai commencé à m’y intéresser, j’étais perdu entre les différentes sources d’infos qui disaient tout et leur contraire. Je pense qu’une « recette SEO » bien faite et intelligente dédiée à une audience intelligente serait intéressante. Tout ça pour dire que le doute chez les débutants me semble évitable et contre productif. Mais le doute chez les « expert SEO » est certes nécessaire pour rester au top en testant, retestant et re re testant.

  10. Bruno TRITSCH dit :

    Bonjour,

    Il faut en effet sans cesse douter et se remettre en question, mais je pense également qu’il faut savoir couvrir ses arrières en multipliant les tests et en diversifiant ses techniques.
    En effet, si une des techniques qu’on emploie vient à devenir caduque, elle sera bien moins pénalisante si elle ne représente pas la majorité de notre travail.

    Cordialement,

    Bruno